Les écologistes - mars 2025
Le MET' n°51
Protection de l’enfance, mieux prévenir et agir
Parce que chaque enfant sur notre territoire a droit à un accompagnement adapté et sécurisé, quelle que soit sa nationalité. Parce que la protection de l’enfance devrait toutes et tous nous concerner, notre majorité métropolitaine a travaillé avec détermination pour bâtir une politique ambitieuse sur le sujet mais nous y reviendrons plus loin.
Au regard des propos tenus ces dernières semaines, il nous paraissait nécessaire de revenir sur la question des mineurs non accompagnés.
Un glissement extrême de la droite
Dans le cadre de la protection de l’enfance, l’accueil des mineurs non accompagnés est une prérogative de la Métropole. Nous assumons notre responsabilité et avons mis en place et ouverts des lieux pérennes ou temporaires pour leur offrir des conditions d’accueil et d’accompagnement dignes. Créer, ouvrir des centres d’accueil permet de sortir de l’hôtel et de retrouver un lien social, une autonomie et un meilleur suivi.
Depuis plusieurs semaines, les maires d’Écully et de Décines s’insurgent, multipliant les déclarations outrancières et les postures politiciennes pour s’opposer à l’accueil de ces mineurs non accompagnés (MNA) sur leurs territoires.
À Écully, le maire bloque l’ouverture d’un centre temporaire pour ces jeunes alors que les réfugiés ukrainiens avaient trouvé refuge dans ce lieu et que rappelons-le, la mise à l’abri de ces jeunes se présentant comme MNA est la responsabilité légale de la Métropole. À Décines, la maire remet en cause la création d’un centre de Mise à l’abri et d’évaluation alors même que ce projet a été discuté, validé par son propre camp politique en commission permanente en juillet 2023 sans que cela ne soulève de soucis ou oppositions.
Mais plus indécent, ils instrumentalisent, stigmatisent ce public vulnérable en exacerbant les soi-disant dangers potentiels pour la sécurité, l’explosion de la délinquance, les risques pour l’identité de leur territoire. Cette droite républicaine s’est perdue et part extrêmement à la dérive, et ne peut que renforcer l’extrême-droite. C’est intolérable, l’accueil de ces mineurs isolés, au-delà d’une obligation légale, est une question primordiale.
Pour nous, l’engagement pour une Métropole hospitalière est clair. Notre Métropole protège et c’est dans cet esprit et en dépassant nos obligations légales que le dispositif “ la Station” a été créé et est maintenant soutenu par le gouvernement. Il offre 110 places pour les jeunes non reconnus mineurs qui saisissent le juge des enfants pour faire reconnaître leur minorité. Cela leur permet d’être hébergés, de se reposer, de se ressourcer dans le parcours migratoire éprouvant qu’est le leur.
Des places des dispositifs de la protection de l’enfance permettent l’accueil des MNA (700 places d’hébergement et accompagnement, 150 places d’accueil de jour). Nous avons amélioré leur accompagnement par une insertion réussie notamment avec un partenariat avec la CMA ou la mise en place de mentorat. Et surtout nous avons un fort engagement pour l’accompagnement des jeunes majeurs avec la création de l’ARSJM et l’AAP de 835 places pour les jeunes majeurs. Pour 95% des MNA arrivés à majorité, nous continuons leur accompagnement, dans une insertion sociale et professionnelle.
Plutôt que de jouer sur les peurs, les divisions, les formations politiques de droite devraient adopter la solidarité. Ouvrir 4 à 5 places d’accueil sur chaque commune permettraient d’offrir à ces jeunes la place, l’attention qu’ils méritent. C’est bien une responsabilité collective qui renforce notre tissu social.
Des dispositifs innovants pour la protection de l’enfance
La question de la protection de l’enfance est bien plus large, et face à cette enfance en danger notre chemin a été d’essayer d’offrir à chaque jeune en difficulté un accompagnement sur mesure. Au-delà des MNA, la Métropole de Lyon a développé plusieurs dispositifs novateurs, avec plus de 70 M€ de budget par rapport à 2019, pour répondre aux besoins des plus vulnérables de la petite enfance jusqu’à l’entrée à l’âge adulte.
Un renforcement majeur de la protection de l’enfance
Nouveaux lieux et nouvelles formes d’hébergement, renforcement de l’accompagnement, refonte de certains cadres, cela change aussi leur quotidien. Quelques exemples.
Un des premiers objectifs de notre politique métropolitaine est d’accueillir les jeunes de la protection de l’enfance dans de meilleures conditions, en améliorant et adaptant l’offre d’accueil aux situations et besoins des jeunes. Concrètement, cela se traduit notamment par l’ouverture de lieux de vie avec des petites structures pour un accueil plus familial et un accompagnement plus resserré, un plan métropolitain de lutte contre la prostitution des mineurs, la mise en place d’équipes mobiles, de mesures éducatives à domicile, le soutien à la parentalité. Mais aussi, l’ouverture de sites dédiés aux jeunes majeurs (835 places en déploiement) ainsi que le déploiement de nombreux nouveaux sites tels que les tiny houses pour l’accueil des mères isolées et de leurs enfants de moins de trois ans. Ces mesures améliorent considérablement le quotidien de ces enfants, ils s’épanouissent alors dans un cadre familial, leurs mères s’entraident et évoluent en toute autonomie.
Nous avons également entrepris une refonte complète de la politique de prévention spécialisée afin de mieux accompagner les jeunes dans leur insertion et leur socialisation, et ainsi prévenir les spirales de décrochage et de marginalisation. Cette politique s’appuie notamment sur des dispositifs de mentorat, de parrainage et de soutien scolaire, et la création de l’équipe mobile pluri professionnelle, Ligne 3 7, tournée vers le soin pour les jeunes en errance et situation d’addiction. Autant d’outils concrets qui permettent aux jeunes de bénéficier d’un accompagnement individualisé et adapté à leurs besoins.
Garantir aux jeunes des parcours plus protecteurs et émancipateurs est aussi une priorité. L’une des mesures phares de cette ambition est la mise en place de l’ARSJM (Accompagnement et Revenu de Solidarité Jeunes Majeurs), successeur du Contrat Jeunes Majeurs, qui offre un accompagnement renforcé et sécurisé aux jeunes de 18 à 21 ans sortant de la protection de l’enfance afin de sécuriser leur parcours et entrée dans la majorité. Nous améliorons l’accompagnement à l’autonomie durant la minorité en nous appuyant sur des dispositifs de mentorat, de parrainage et de soutien scolaire, autant d’outils concrets qui permettent aux jeunes de bénéficier d’un accompagnement individualisé et adapté à leurs besoins.
Enfin, nous avons créé l’Observatoire métropolitain de la protection de l’enfance ainsi que le Comité des Jeunes de l’ASE, qui visent à mieux piloter la protection de l’enfance en se basant sur la production de connaissances et de données tout en associant les jeunes aux décisions qui les concernent.
Une politique ambitieuse pour une société plus juste
Nous défendons une vision claire : une métropole solidaire, juste, inclusive. L’accueil et la protection des jeunes, qu’ils soient MNA ou issus de l’ASE, sont une priorité de notre projet politique. Nous avons le devoir de garantir l’égalité des chances et de prendre soin de la jeunesse sur notre territoire. Nous refusons les discours de division et de stigmatisation, et nous affirmons que chaque enfant doit avoir sa place dans notre société.
Face aux postures politiciennes et aux tentatives d’instrumentalisation, nous réaffirmons notre engagement. Face à la stigmatisation et les manœuvres politiciennes, nous préférons l’entraide, la solidarité. Faire de la Métropole de Lyon un modèle de justice sociale et d’innovation au service de la jeunesse, c’est le cap que nous nous sommes fixés. Et nous continuerons d’agir en ce sens, avec détermination.
Les écologistes (Vinciane Brunel et Benjamin Badouard Coprésident·e du groupe)